H-ne.ch


D O S S I E R
L A NUIT À L'HÔPITAL
Du soir au petit jour en compagnie
des professionnels de l'HNE








L'HNE PArMI LES PrEMIErS HÔPITAUx SUISSES à ObTENIr L'ACCréDITATION ErASDepuis octobre 2012, l'HNE applique le programme ErAS de prise en charge des patients chirurgicaux pour ses interventions dans le domaine de la chirurgie colorectale. Ce programme permet de réduire la durée de séjour hospitalier et les complications postopératoires. Après six mois de pratique, l'Hôpital neuchâtelois vient d'obtenir l'accréditation. Cette approche implique de grands changements, puisque le patient devient partenaire actif de sa prise en charge.
Depuis le début de l'introduction de cette approche dans le domaine de la chirurgie colorectale, 45 patients en ont bénéficié. Le résultat de l'audit a mis en évidence un impact indéniable sur la durée de séjour des patients concernés (qui passe de 12,8 à 6,3 jours) et sur les complications postopératoires (principalement infectieuses, chirurgicales et gastriques). A souligner que les patients se sont exprimés de manière très favorable à ce programme à l'issue de leur prise en charge.
PrISE EN CHArGE DES AvC à L'HNEL'Hôpital neuchâtelois vient d'obtenir l'accréditation pour son unité cérébrovasculaire chargée de prendre en charge les personnes qui font un AvC. L'HNE et son service de neurologie s'étaient mis sur les rangs pour devenir l'une des unités régionales spécialisée. L'Hopital neuchâtelois œuvre en étroite collaboration avec l'un des centres nationaux de prise en charge des AvC, l'Hopital de l'Ile à berne. Actuel ement, 300 patients ayant fait un AvC sont hospitalisés à l'HNE chaque année. La création de l'unité cérébrovasculaire permet d'améliorer la qualité et la rapidité de la prise en charge, ce qui peut réduire d'une façon importante la mortalité et le degré de handicap.
NOUvELLES SALLES D'OPérATION à LA CHAUx-DE-FONDSTrois sal es d'opérations neuves seront disponibles dans le premier trimestre 2014 sur le site de La Chaux-de-Fonds. Les fondations et la réalisation des piliers ont débuté à la mi-août. Il s'agira ensuite d'instal er les sal es modulaires, construites en Al emagne, sur les piliers, de raccorder le tout aux bâtiments existants et d'équiper les sal es pour que les premières opérations puissent y être pratiquées au début 2014.
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A noter que les hôpitaux vaudois ont récemment décidé de lancer un tel projet en se fondant sur les méthodes développées à l'HNE. Ils ont demandé à l'infirmier responsable de l'Unité de prévention et contrôle de l'infection de l'HNE de siéger au sein de leur comité de pilotage.
É D I T O ! ! !
Une fourmilière silencieuseC'est une nuit d'arrière-été qui s'annonce belle, le calme s'instal e progressivement sur la vil e. Les activités humaines se font plus discrètes, moins effervescentes. Les espaces de loisirs et les lieux publics voient s'en aller les derniers clients. Le bus vient de passer pour sa dernière ronde devant l'hôpital où tout semble endormi. Seules quelques lumières accouchera bientôt, probablement dans une heure ou scintillent ici et là à travers les fenêtres du bâtiment. Est- deux. Ces personnes de l'ombre accomplissent des tâches ce un patient qui veille encore? Ou est-ce une infirmière essentiel es, parfois par des gestes techniques, parfois par qui passe dans une chambre pour apaiser un patient agité un mot qui rassure, souvent les deux à la fois.
et pour calmer des douleurs qui l'empêchent de dormir? Il C'est aussi un service des urgences qui bouillonne encore s'agit probablement de l'un et de l'autre. En franchissant la d'activités après une soirée qui aura vu affluer la foule de porte d'entrée, nous aurions également pu y découvrir de patients habituel e venus pour une affection parfois bénigne, nombreux autres professionnels prodiguer des soins, réaliser parfois plus grave. Des patients pressés de pouvoir être un examen, effectuer une radiographie ou encore procéder à soignés, d'être soulagés de leurs douleurs et désireux de une analyse de sang.
rentrer au plus vite chez eux.
L'hôpital ne dort jamais, il ne peut même pas se permettre de La nuit, tout semble exacerbé. Le temps paraît s'écouler de s'assoupir. Si l'ambiance devient plus feutrée la nuit, l'hôpital manière interminable et l'attente en devient d'autant plus n'en demeure pas moins très actif. Les soignants présents la pénible. La chaleur ambiante rend plus nerveux. Le silence nuit y travaillent un peu comme des fourmis silencieuses. Ici, devient pesant. Pourtant, ce silence n'est qu'apparent au une infirmières administre à un patient sa dernière dose de sein de l'hôpital, il ne peut couvrir toute l'effervescence qui médicament de la journée et là une sage-femme accompagne s'y déploie, cette effervescence de l'ombre que l'on préfère une future maman dont les contractions montrent qu'elle cent fois ignorer lorsque l'on est en bonne santé.
Directeur général S O M M A I R E . .
UNE PUbLICATION DE L'HOPITAL NEUCHATELOIS Muriel Desaulles, Secrétaire générale réDACTION Microplume sàrl, Marie-José Auderset, vucherens GrAPHISME additive, Aline Jeanneret, Saint-blaise PHOTOGrAPHIE Walery Osowiecky, Neuchâtel TIrAGE 3000 exemplaires IMPrESSION Europ'Imprim Swiss, bevaix D O S S I E R ) ) )
Début de soirée à l'Hôpital neuchâtelois. Sur chacun des sept sites de l'HNE, l'atmosphère devient peu à peu plus calme. Les visites médicales, les examens, les séances de physiothérapie et ergothérapie, les discussions avec la diététicienne sont terminés. Les bruits s'estompent. La sonnerie du téléphone se fait plus rare. Les patients se retrouvent seuls, après les visites de leurs proches. L'heure est au repos. Les veil euses de nuit viennent d'arriver. Il est temps de passer le relais: les infirmières qui terminent leur service leur transmettent les informations importantes concernant chacun des patients.
L'ambiance est tout autre aux urgences de Pourtalès et de La Chaux-de-Fonds. Le téléphone La nuit à l'hôpital et l'alarme retentissent à tout moment. Depuis 17 heures, les patients affluent. Médecins et soignants s'affairent pour leur apporter les soins nécessaires dans les meil eures conditions. reportage dans différents services.
AUx UrGENCES PéDIATrIqUESUne des deux infirmières de nuit tente de rassurer une maman qui a appelé la hotline de pédiatrie (032 713 38 48). Son enfant a de la fièvre depuis le matin et mal à la tête depuis la fin de la journée. La soignante lui pose une série de questions spécifiques pour cerner le problème et pour lui donner ensuite les conseils nécessaires.
Elle lui propose de rappeler une heure plus tard, afin d'évaluer l'évolution de la situation. «A la hotline, il est essentiel de bien écouter la plainte, explique le Dr Fabian Spigariol, et de chercher tous les signes de gravité. S'il y a le moindre doute ou si les parents restent inquiets malgré nos propos, nous les faisons venir sans hésiter.» Mais tous n'ont pas l'intention de se déplacer jusqu'aux urgences pédiatriques. Parmi les quelque cinquante appels que nous recevons en moyenne entre 20 heures et minuit, certains parents veulent avant tout qu'un professionnel soit à l'écoute, qu'il leur donne quelques conseils et qu'il les rassure.»Il faut dire qu'avec la tombée de la nuit, les symptômes sont plus difficiles à supporter, ils s'accentuent souvent et l'enfant pleure davantage. L'inquiétude des parents se renforce. Ils craignent de perdre le contrôle de la situation. Tout prend des proportions plus grandes. beaucoup choisissent ainsi de venir aux urgences avant de coucher leur enfant.
Parmi ceux-ci, il y a régulièrement des étrangers. «Ces personnes sont probablement un peu isolées, estime Elisa Humbert, infirmière. Ils n'ont pas de famil e sur place. Du coup, ils ne peuvent pas téléphoner à leur maman, à leurs proches, comme on aurait tendance à le faire.» De son côté, le Dr Fabian Spigariol voit dans la population migrante une autre approche des urgences. Au Portugal par exemple, le médecin est là pour les contrôles et le suivi de développement; dès qu'il y a urgence, c'est l'hôpital qui prend le relais.
Dans la salle d'attente, le temps semble s'être arrêté. Deux familles viennent consulter pour leur enfant: tout près de l'entrée, un jeune garçon joue avec une petite voiture. Il souffre d'une éruption de boutons sur le corps; un peu plus loin, une adolescente a les yeux rivés sur le sol; elle est tombée de son vélomoteur et s'est blessée à la main. A leur arrivée, une infirmière les a accueillis et leur a posé une série de questions pour évaluer la sévérité de la maladie ou de l'accident et le degré d'urgence: «Nous prenons au sérieux ce que les parents ont à nous dire, explique Monika Zwahlen, infirmière-cheffe de l'unité de pédiatrie ambulatoire et urgences. quand ils sont angoissés, ils sont soulagés de pouvoir raconter ce qui les inquiète. Nous leur faisons confiance. Ils savent que quelque chose ne va pas chez leur enfant, même s'ils n'ont pas tout de suite les mots pour expliquer la situation.»Une fois que la discussion a permis de cerner le problème, l'infirmière avertit les uns et les autres qu'ils doivent patienter: le derrière eux. Ils veulent être présents pour leur enfant malade ou pédiatre est à la maternité pour une césarienne.
accidenté, mais, s'il y a des frères et sœurs, ils doivent organiser Parfois la consultation débouche sur une hospitalisation de leur prise en charge. Ce genre de situation nécessite une écoute l'enfant. C'est déjà difficile la journée, mais la nuit, c'est encore très attentive et des explications circonstanciées de la part du plus angoissant. Les parents sont fatigués, ils ont déjà une journée médecin et des soignants.
DANS LE SErvICE DE PéDIATrIEDans le service de pédiatrie, les couloirs sont déserts. Les jeunes patients sont dans leur chambre avec, souvent, un parent ou un proche qui prend soin d'eux jour et nuit. Environ 90 % des enfants sont accompagnés de leur maman ou de leur papa. Une présence importante lorsque la nuit tombe. A ce moment-là, les enfants se sentent moins en sécurité dans leur chambre. En effet, l'ambiance accentue les craintes: les bruits se font plus rares, les lumières sont éteintes, les soignants se font plus discrets.
Dans la chambre 2413, Céline Fauguel est avec sa fille qui aura bientôt une année. Louann a fait une crise d'asthme sévère il y a Dans certaines situations, les soignantes sont obligées de réveiller trois jours; demain, el e pourra probablement rentrer à la maison. l'enfant à plusieurs reprises durant la nuit. Il en va ainsi pour En début de soirée, toute la famille était réunie ici pour partager les surveillances neurologiques. Par exemple si un enfant est le repas du soir: Louann était entourée de ses deux frères, de son tombé, il faut le réveiller chaque heure pour examiner son état de papa et de sa maman. Un peu comme à la maison. Les infirmières conscience. Ce genre de situation est pénible tant pour l'enfant sont restées discrètes pour ne pas perturber la vie de famille. que pour son parent accompagnant. A chaque fois, le réveil est El es peuvent effectuer une surveil ance de l'enfant à distance, difficile et l'un et l'autre peinent à se rendormir.
car le monitoring de Louann est relié à une centrale placée dans «Les parents font partie intégrante de notre travail, constate Fanny le bureau des infirmières. Elles sont prêtes à intervenir en cas de N'Dondo, infirmière. C'est une relation à trois. Nous prenons le nécessité, ou pour toute aide sollicitée par les parents.
temps nécessaire, encore davantage la nuit, pour être à l'écoute A son arrivée, Louann était très désécurisée. Elle avait des des angoisses. Si nous expliquons clairement la situation au difficultés respiratoires nécessitant chaque heure une inhalation de parent, s'il se sent en confiance, il peut mieux trouver des mots ventolin (médicament qui pénètre directement dans les poumons rassurants pour son enfant.» Cette réalité se confirme aussi et soulage les problèmes respiratoires) et une administration avec les bébés. «Avant de commencer un soin, relève Floriane d'oxygène. «Ma fille hurlait de panique, se souvient Céline beaucourt, infirmière, nous expliquons ce que nous al ons faire et Fauguel. Elle ne comprenait pas ce qui lui arrivait. Nous faisions pourquoi on le fait. Il ne va peut-être pas comprendre les mots, mais tout pour la rassurer. El e était tout le temps dans nos bras, ceux l'essentiel passe au travers d'une communication non verbale.» de son papa ou les miens. La nuit, el e avait de la peine à dormir. Le parent participe aussi aux soins. Il peut tenir son enfant dans Je restais à ses côtés. quand elle s'assoupissait, je me couchais les bras d'une certaine manière pendant que le pédiatre examine dans le lit instal é près d'el e. Heureusement, depuis lors, ses ses oreil es ou sa gorge. Si l'enfant est plus grand, médecins et difficultés respiratoires se sont atténuées et el e se sent mieux. soignants interagissent plus directement avec lui, et donnent des La nuit dernière, ma fille et moi, on ne s'est même pas réveillées informations aux parents. Il arrive aussi que le parent fasse lui- quand la veilleuse est venue lui administrer du ventolin.» même certains soins, le soignant restant à côté. Ainsi la maman de Louann a appris à administrer le ventolin; c'est elle qui le fera Le personnel soignant fait le maximum pour respecter le rythme à domicile.
du sommeil de l'enfant, chaque fois que c'est possible. Durant la Si l'enfant passe la nuit seul à l'hôpital, les soignants s'informent nuit, les veilleuses entrent dans la chambre à pas de loup, la lampe auprès des parents des habitudes de vie de l'enfant. Ils veulent de poche pointée vers le sol. «De nombreux soins peuvent se faire notamment connaître les rituels qui entourent l'endormissement. sans réveiller l'enfant, constate Nicole Muller, infirmière-cheffe de Ils peuvent ainsi reprendre quelques coutumes familiales, afin service. Autant l'enfant en bas âge s'endort facilement, autant il est de perturber le moins possible les repères de l'enfant: lire une perturbé s'il se réveil e brusquement. Il se rend compte qu'il n'est histoire comme à la maison, laisser une petite lumière al umée pas dans son lit, il n'a pas ses affaires, il n'a pas de repères. Ce qui près du lit ou encore poser le doudou sur le coussin. De quoi peut l'angoisser. Tout est plus simple s'il a un parent ou un proche favoriser au maximum le bien-être et le sentiment de sécurité du près de lui, qui peut le soulager. Il se rendort plus facilement.» jeune patient.
EN NéONATOLOGIEEn néonatologie (unité prenant en charge les nouveau-nés et les prématurés), quelle que soit l'heure du jour ou de la nuit, on parle doucement, la lumière est faible, les gestes sont calmes. Les soignants ont à cœur d'éviter au maximum les nuisances sonores et lumineuses pour protéger l'environnement direct du bébé. Ils sont attentifs à entrer délicatement en contact avec lui. On sait aujourd'hui que les hyperstimulations sont néfastes pour le nouveau-né. La nuit, la tranquil ité est encore plus importante. Seules des petites lampes sont allumées.
Ce soir, trois nouveau-nés sont en couveuse. Leurs parents sont les bienvenus quand ils le souhaitent. Ils peuvent parler à leur enfant, le caresser délicatement, participer d'une manière ou d'une autre aux soins. «Nous privilégions les moments d'intimité entre le bébé et ses parents pour favoriser ou mettre en place le lien entre eux, comme cela se ferait à la maternité ou la maison. Par moments, nous nous effaçons pour favoriser cette intimité», explique Marie Frutiger, infirmière. Cette dernière est avec sa col ègue auprès d'Océane, née le matin même. El es font les soins, sous l'œil attendri des parents. «Tu es super sage. On va te faire bel e. quand nous aurons fini de te soigner, nous te mettrons près de ta maman.» Il est primordial de parler au bébé: «Avant chaque geste, on lui explique ce qu'on va faire. On intègre aussi les parents par la parole. Ils peuvent ainsi se sentir partie prenante. C'est une tripartie avec le bébé, les parents et nous.»Après les soins, l'infirmière amène Océane dans les bras de sa maman. Le contact physique peut s'établir. Ce n'est pas toujours possible, si le bébé est trop petit ou trop instable. Lorsqu'Océane retournera dans la couveuse, l'infirmière veil era à ce qu'el e soit installée de façon confortable et conseillera aux parents d'aller se reposer. Difficile pour la maman de rejoindre la maternité qui n'est pas sur le même étage. Demain, elle fera elle-même une partie des soins à son enfant.
EN SALLE D'ACCOUCHEMENT sur place. Dans ces circonstances, il accompagne son épouse, la Le début de soirée est calme en salle d'accouchement. Un
soutient. Les soignantes se mettent alors volontiers en retrait, tout bébé vient de naître. Il se porte bien. Après les premiers soins,
en restant disponibles et vigilantes.
les soignantes se sont retirées, laissant la maman et le papa
profiter de ce moment d'intimité avec leur enfant. Pendant ce

Durant la nuit, les femmes viennent spontanément lorsque les temps, une sage-femme discute avec un papa au téléphone: sa
contractions se font insistantes ou lorsqu'el es perdent les eaux. femme a de fortes contractions. Une autre soignante accueille
Il y a aussi d'autres urgences, notamment lorsque les femmes un couple pour un accouchement.
viennent pour des pertes de sang ou lorsqu'elles ne sentent plus leur bébé bouger. «quand je dis que je suis sage-femme, on me dit Lorsque les contractions ont lieu de nuit, la maman a une journée que je fais le plus beau métier du monde, relève Julie Tisserand. bien remplie derrière el e. El e est fatiguée. Le papa l'est aussi. C'est effectivement un privilège de participer à des événements Si la parturiente a une péridurale, il arrive que par moments ils d'une grande intensité dans la vie des gens. Mais nous nous somnolent, elle sur le lit, lui sur un fauteuil. Les sages-femmes confrontons aussi à des réalités très dures, lorsque les choses se font alors plus discrètes pour respecter leur repos. El es font se passent mal. Dans ces circonstances, toute l'équipe médico- régulièrement des al ers et venues dans la sal e d'accouchement soignante se doit de rester aidante et professionnelle, même s'il pour suivre l'évolution de la situation et soutenir la maman. Malgré est cinq heures du matin. Heureusement, nous sommes soudés, la fatigue, la femme a de grandes ressources. «De jour comme de nous nous entraidons et nous prenons le temps de parler de ce que nuit, nous devons l'aider à garder cette bel e énergie, la soutenir, nous avons vécu dans ces circonstances difficiles.» l'accompagner, la remotiver, explique Gaël e Mamin, sage-femme. Lors d'une naissance, la sage-femme fait l'accouchement, le médecin assistant est présent, prêt à intervenir si nécessaire, la nurse accueille l'enfant et prodigue les premiers soins. En cas de problème, une équipe entière est mobilisable: chefs de clinique et médecins-chefs d'obstétrique, anesthésistes, pédiatres. Nous travaillons ensemble, nous avons besoin les uns des autres. Nous nous épaulons.» Les sages-femmes ont à cœur de permettre au papa d'être partie prenante de l'accouchement. El es font tout leur possible pour lui donner une place. C'est important, car il se sent souvent peu à l'aise. D'une part, c'est un domaine qu'il ne connaît pas et d'autre part il se sent impuissant face aux douleurs que peut ressentir son épouse ou sa compagne. «Nous lui montrons volontiers comment il peut la soulager, relève Marielle Mourgeon, sage-femme responsable adjointe; il peut lui faire des massages, l'aider à se détendre ou lui montrer comment respirer. Mais si le papa n'a pas envie de prendre un rôle aussi actif, nous respectons sa manière de voir les choses. Nous nous adaptons.» Lorsque l'accouchement se fait par césarienne, chaque fois que c'est possible, le papa peut accompagner son épouse au bloc opératoire. Il peut aussi entrer en salle de réveil pour présenter leur bébé à la maman.
Certaines nuits sont paisibles, d'autres sont chargées, voire surchargées. Il peut y avoir un seul accouchement et le lendemain Après l'accouchement, le couple profite d'être en intimité avec le une dizaine. (En tout, il y a eu 1571 accouchements en 2012 à bébé, puis généralement le papa repart pour se reposer avant de l'HNE.) Dans les moments de calme, les soignantes peuvent retourner au travail. «La maman a souvent de la peine à voir son se reposer sur un transat. Certaines s'assoupissent quelques mari ou son compagnon s'en aller, constate la sage-femme. Cette minutes d'un sommeil de chat, prêtes à intervenir. Une patiente séparation peut être désécurisante, tandis qu'el e doit souvent sur le point d'accoucher peut arriver à tout instant. «En l'espace faire face aux pleurs de son bébé. Peut-être a-t-elle des soucis de quelques secondes, relèvent les deux sages-femmes, nous d'allaitement.» Dans ces moments, la parturiente sait aussi qu'elle devons à nouveau être dans l'action. C'est à nous de faire un peut sonner pour avoir de l'aide. Les soignantes prennent alors travail sur nous-mêmes pour rester éveillées et positives, pour être le relais et la soutiennent: «La nuit, nous avons généralement complètement dans notre rôle, malgré la fatigue et la nuit».
davantage de temps, nous sommes moins sollicitées pour les autres tâches, remarque Christiane Crevoiserat, nurse. Il peut aussi arriver qu'un accouchement se passe hors de Pour respecter le sommeil de la maman et de son bébé, nous l'hôpital. Dans ce cas, une sage-femme et un médecin du SMUr intervenons à la demande, sauf si nous devons faire des soins se rendent sur place rejoindre les ambulanciers. La sage-femme après une césarienne. Nous avons de beaux échanges; une sorte prend avec elle un gros sac à dos contenant le matériel pour faire d'intimité se crée entre nous, autour du bébé. C'est pour cela que un accouchement à l'extérieur de l'hôpital - un petit appareil pour j'apprécie le travail de nuit.» écouter le cœur du bébé, des gants, une couverture chauffante, un bonnet pour le bébé. Elle est formée à l'urgence. Après Il arrive de temps à autre que le couple demande une chambre l'accouchement, l'ambulance transporte le bébé, sa maman et privée avec un lit supplémentaire pour que le papa puisse rester son papa à l'hôpital.
AU CTr DU vAL-DE-TrAvErSIl est vingt heures. Au CTr du val-de-Travers, centre de traitement et de réadaptation spécialisé en gériatrie et soins palliatifs à Couvet, les deux infirmières et l'aide-soignante entament leur tournée, passant d'une chambre à l'autre. La plupart des patients sont dans leur lit ou prêts à se coucher. Seule une dame marche dans le couloir avec sa fil e et un monsieur regarde la télévision dans l'espace séjour.
Les trente lits sont occupés. Heureusement, la soirée commence A l'hôpital, les personnes âgées ont tendance à se mettre au lit tôt. dans le calme. Les soignantes veil ent à ce que chaque patient soit Elles sont fatiguées de la journée. Et comme elles ont une mobilité confortablement instal é pour la nuit et qu'il se sente en confiance. réduite, certaines personnes ont besoin de plus de stimulation. Elles font les soins nécessaires et donnent les médicaments. Or, physiologiquement, elles ont besoin de moins d'heures de El es discutent avec chacun, plaisantent, rassurent. El es tentent sommeil. Elles peinent donc à s'endormir, se réveillent très tôt ou de créer une ambiance sereine, car avec la tombée de la nuit, restent éveillées de longs moments. La nuit peut alors sembler l'inquiétude, voire l'angoisse vespérale grandit.
longue. Il leur est proposé de prolonger la soirée avant d'aller se «Le soir, c'est souvent le meilleur moment dans le service pour prendre le temps de dialoguer avec les patients, explique Christine, L'aide-infirmière apporte au patient une petite collation ou une infirmière. En effet, la journée est mouvementée avec la visite boisson protéinée. «Comme les personnes âgées ne mangent médicale, la physiothérapie, l'ergothérapie, les soins et les visites souvent pas assez de viande, poursuit l'infirmière, el es risquent des proches. Le soir, elles sont contentes de se retrouver dans une de perdre des forces et de la musculature. Si les apports protéinés atmosphère chaleureuse et reposante. Lorsque nous manquons sont insuffisants, elles reçoivent des suppléments nutritionnels de temps, nous restons moins longtemps auprès de chacun d' eux. sur prescription médicale en dehors des repas.» Ils sentent que nous sommes moins disponibles. Parfois cela les La sonnette retentit dans le couloir. Une aide-soignante sort pour désécurise, si bien que, durant la nuit, ils sonnent plus souvent.» savoir qui appel e. En fait, c'est une patiente à l'équilibre fragile, qui Les soignantes entrent dans une chambre. Une dame est couchée a voulu se lever. Au moment où elle a posé le pied à terre, le tapis dans la pénombre. L'infirmière s'approche d'elle, un gobelet à la sonnette qui retentit à la moindre pression, s'est enclenché. La main, contenant une pilule.
soignante a pu intervenir rapidement, elle l'a aidé à se réinstaller, limitant ainsi le risque de chute.
- bonsoir Madame, comment allez-vous? «Avec l'arrivée de la nuit, les patients qui ont des troubles cognitifs - Je vous donne un médicament. Du potassium. Ma perdent tout ou partie de leurs repères visuels et temporels, col ègue vous a fait une prise de sang cet après-midi et il remarque Corinne, infirmière-cheffe adjointe d'unité de soins. en manquait un peu. Pendant quelques jours, nous allons Certains sont désorientés et peuvent devenir agités. Ils présentent vous en donner.
alors un risque de chute accru. Sans parler des risques de fugue. - C'est pour ma santé? Ces situations rendent le travail souvent difficile.» En effet, ils - Oui. Je vais encore vous prendre la tension.
peuvent se mettre en danger. quand ils sont confus, ils ne savent Une fois la prise terminée, elle poursuit: plus ce qu'ils font. Dans ces circonstances, les soignantes doivent - En voilà une belle tension! souvent parer au plus pressé. En premier lieu, elles rassurent ces personnes, car el es sont souvent angoissées. Même si el es sont Martine, l'aide-soignante s'approche et propose à la patiente une désorientées, elles peuvent avoir des moments de lucidité. «Nous tisane de fleurs d'oranger. El e en profite pour vérifier que tout est à devons souvent les recadrer en répondant toujours aux mêmes portée de main, ses lunettes, sa tisane, la sonnette pour appeler.
questions: Où suis-je? qu'est-ce que je fais ici? qui êtes-vous? Puis, les soignantes poursuivent leur tournée. Dans la chambre Pourquoi ne suis-je pas chez moi? Pourquoi suis-je ici? Nous ne d'à côté, un patient est assis sur une chaise. Il tourne la tête vers devons pas craindre de répéter souvent les mêmes réponses.» l'entrée, lorsqu'il entend la porte s'ouvrir.
explique Lucille, infirmière.
- voilà mes trois étoiles qui arrivent. bonsoir.
- bonsoir jeune homme, répond l'infirmière.
- vous savez, j'ai 87 ans.
- Mais vous ne les faites pas. qu'est-ce que je peux faire pour vous? Dès que vous serez couché, je vous passerai votre chemise de nuit. Ca peut être maintenant ou je reviens dans un moment, si vous le souhaitez. qu'en dites-vous?- vous savez, chez moi, les nuits sont très mouvementées. vous me donnerez une pilule à 23 heures, et je risque bien d'être de nouveau réveillé à 3 heures du matin.
Dans la chambre voisine, un patient qui a fait un AvC (accident bientôt, les veilleuses arrivent pour prendre le relais. C'est vasculaire cérébral), est assis sur une chaise roulante. le moment de la transmission des informations. L'équipe qui Paraplégique, il ne peut pas se mouvoir seul. Les soignantes lui termine sa journée passe en revue chaque patient et donne les parlent calmement, lui demandent comment il se sent. Il répond informations essentielles le concernant. Ainsi, l'équipe de nuit peut lentement et avec difficulté. Elles l'installent et lui tendent sa assurer le suivi. Puis vient le temps de la tournée de 22 heures 30. brosse à dents.
L'infirmière et les deux soignantes entrent ensemble dans chaque chambre, sans faire de bruit. Elles laissent la porte entrouverte - vous pouvez vous laver les dents. Nous revenons dans pour profiter de la lumière du corridor sans réveil er les patients qui quelques instants.
dorment. Parfois, au contraire, elles doivent en réveiller certains pour donner un médicament, prendre la tension ou déterminer Elles sortent de la chambre. «Nous essayons de conserver au le taux de glycémie. quand l'infirmière aura fini sa tournée, elle maximum l'indépendance que le patient a encore, relève Christine. téléphonera au médecin afin d'avoir les directives thérapeutiques: Si c'est possible, nous tentons aussi de lui faire retrouver une la tension d'une patiente est trop haute.
indépendance supplémentaire. Nous l'encourageons à faire ce qui est possible par lui-même tout en gardant un œil sur lui.» Les trois soignantes entrent dans la chambre située en face de la quelques minutes plus tard, el es retournent auprès du patient salle des infirmières. Sur la porte, à hauteur des yeux, le nom du pour lui prodiguer les soins de nursing. Puis el es le couchent avec patient est écrit en grand sur une feuille blanche, pour permettre une cigogne, un appareil de transfert qui permet aux soignantes à celui-ci de retrouver sa chambre. Il est désorienté. «quand je de lever et de déplacer une personne grabataire. Durant tous ces m'approche, je suis très attentive à me placer de façon à ce que gestes, elles lui parlent, maintiennent le lien, le rassurent.
la personne désorientée me voie, explique Ingrid, infirmière. Si elle est réveillée, je lui parle. Je m'assieds de temps à autre à côté Tout à coup, le téléphone sonne. Une dame s'est blessée à la main d'el e et je lui tiens la main. Je l'écoute, je fais oui de la tête, je lui ce matin. Comme elle travaillait, elle n'a pas pu venir avant. Elle souris. Un autre point important, c'est d'être calme à l'intérieur. veut passer à la policlinique pour une consultation médicale. De El e ne comprend pas forcément ce qu'on lui dit, mais el e perçoit vingt heures jusqu'à huit heures , ce sont les infirmières du service ce que l'on est à l'intérieur. Elle a déjà tendance à ressasser ses qui assurent la permanence de la policlinique avec le médecin du problèmes, à rester dans le négatif. J'essaie de mon côté d'avoir SMUr présent sur le site. El es accueil ent les patients et font des propos légers, de plaisanter. Si ça ne lui convient pas, elle me les premiers soins. «A la tombée de la nuit, constate Christine, le fait vite comprendre.
infirmière, des douleurs se réveillent, des angoisses surgissent. Je pourrais proposer cette image: je crée une petite maison autour Nous pouvons écouter et rassurer tout en prenant en charge le du patient. Je lui donne un cadre avec des murs, c'est ce qu'il sent, problème à l'origine de la consultation.» ce qu'il voit. Ensuite, je lui parle de moi, de ce que je ressens par rapport à lui. Ca fait une petite toiture et il se sent protégé. Ce n'est pas toujours facile à mettre en place. Mais, quand la petite maison est bien construite, c'est très efficace.» La Dresse yolanda Espolio Desbaillet, responsable du département de gériatrie, réadaptation et soins palliatifs, accorde une attention particulière au sommeil des personnes âgées. Elle prend en compte les différents aspects qui peuvent les perturber. Elle sensibilise les personnes âgées aux risques liés aux médicaments pour dormir.
Elle nous explique les dangers pour les personnes âgées de consommer des somnifères.
Un bon tiers de la population de plus de 75 ans prend des médicaments pour dormir, en particulier des benzodiazépines. Or, on sait aujourd'hui que la prise de somnifères augmente le risque de chute et donc de fracture. Et qui dit chute et fracture négocier avec lui et de trouver ensemble une solution. Souvent il chez une personne âgée dit aussi morbidité et mortalité. Si une aimerait une solution minute. Il n'est pas simple de le convaincre de personne âgée se fracture le fémur par exemple, le risque qu'elle l'intérêt d'acquérir des comportements qui favorisent l'entrée dans se retrouve en EMS augmente, car el e perd de son autonomie. le sommeil. S'il accepte de modifier quelque peu son traitement, De plus, les médicaments pour dormir induisent des troubles de par exemple de diminuer la dose, c'est déjà une grande victoire.
la mémoire et de l'attention. Enfin, des études récentes laissent à penser que prendre des somnifères pourrait augmenter le risque quels comportements peuvent favoriser le sommeil ou au contraire de développer la maladie d'Alzheimer. Cette hypothèse demande toutefois à être validée par d'autres recherches.
La personne âgée a un sommeil plus court, plus fractionné et moins profond. Il n'est pas rare qu'une femme ou un homme de 80 ans quand une personne a des risques de chute importants, parce n'ait besoin que de 6 à 7 heures de sommeil par 24 heures. Si elle qu'elle a un mauvais équilibre et qu'elle prend des médicaments fait une sieste l'après-midi et qu'el e va se coucher à 20 heures, pour dormir, quelle attitude avez-vous? elle aura assez dormi à une heure du matin. Il est donc essentiel Précisons d'abord que les somnifères ne sont pas les seuls que nous l'aidions à mettre en place des stratégies pour organiser médicaments qui favorisent les chutes. Il n'en reste pas moins son sommeil.
qu'en réduisant leur consommation, les risques diminuent Si le patient accepte d'entrer dans une démarche de sevrage, S'attaquer au problème de sommeil du patient exige du temps. a-t-il la possibilité de le faire durant son hospitalisation au CTr du Lorsqu'une personne âgée qui prend régulièrement des somnifères est hospitalisée à Couvet, il est essentiel de faire des investigations A Couvet, les patients sont hospitalisés pour 15 jours, pour cerner le problème. El e peut souffrir de pathologies associées éventuellement 3 semaines. C'est une période trop courte pour qui perturbent le sommeil, comme de l'anxiété, de la dépression, de effectuer un sevrage lorsqu'une personne prend un médicament l'apnée du sommeil ou encore des troubles urinaires. En identifiant depuis plusieurs années. Il faut y aller progressivement, à cause et en prenant en charge la pathologie de base, nous améliorons la des risques liés au sevrage. Il peut en effet y avoir une aggravation qualité de son sommeil.
de l'anxiété, de l'agitation, de la confusion, des symptômes Parallèlement à cette prise en charge, nous expliquons au patient digestifs notamment. Le sevrage devrait durer plusieurs semaines les dangers qu'il encourt avec ce genre de médicament. Nous lui ou plusieurs mois, notamment en fonction du dosage.
proposons de diminuer le dosage, voire d'entreprendre un sevrage. Il est donc possible de commencer le traitement, mais il doit se Souvent il nous explique qu'il prend des somnifères depuis si poursuivre sous l'égide du médecin traitant et avec l'appui de longtemps qu'il ne réussira pas à dormir sans. Nous essayons de l'entourage du patient.
DANS UNE UNITé DE CHIrUrGIE et, si nécessaire, contrôler la température, le pouls, la tension, la La nuit tombe sur La Chaux-de-Fonds. Une patiente fait les saturation. Ils le feront plusieurs fois ces prochaines heures chez cent pas le long du couloir d'une unité de chirurgie. El e marche les personnes qui viennent d'être opérées.
lentement dans un sens, puis dans l'autre, en tenant à la main la Dans ces moments, les soignants se rendent vite compte de potence sur laquelle est suspendue une perfusion. Elle espère l'état d'esprit des patients. Ils peuvent être stressés, angoissés, se fatiguer suffisamment pour lui permettre de dormir. «Le soir découragés, désécurisés: «Il suffit souvent de discuter avec eux et la nuit, ce n'est pas évident, car je dors très peu. Je cherche le quelques minutes pour qu'ils soient réconfortés», note l'infirmier. sommeil, mais il peine à venir. C'est extrêmement long. Je refuse «Deux de mes patients seront opérés demain, poursuit Marielle pourtant de me laisser envahir par des idées noires sur lesquelles Chabod, infirmière. J'ai senti qu'ils étaient anxieux. L'un d'eux m'a je n'ai aucune prise. Et puis, je n'aime pas déranger les soignants dit avoir peur de l'opération et surtout des douleurs postopératoires. durant la nuit. Ils sont si occupés! Il est vrai que si je les appel e, J'ai alors interpellé son voisin de chambre qui avait été opéré la ils sont très attentionnés. Parfois même ils me massent le dos. Ça veille. Celui-ci lui a expliqué qu'il pouvait déclencher lui-même fait tellement de bien!» l'injection d'antalgique grâce à une pompe, dès qu'il ressentait des douleurs. Du coup, le patient a pris confiance, il s'est apaisé.» Dans le bureau vitré, l'équipe de nuit, composée ce soir d'une L'infirmier poursuit ses visites et s'approche d'un patient opéré infirmière et d'un infirmier, prend connaissance des nouvelles la veille. Tout en discutant, il arrange le coussin, relève les concernant les patients. Ils ont chacun la responsabilité de 12 couvertures; il aimerait qu'il se sente à l'aise pour la nuit. Puis, il personnes. La transmission des informations est plus brève ce soir, lui fait un massage du pied pour éviter les escarres. Le patient est car les veilleurs ont déjà assuré la nuit précédente; ils connaissent serein. La veille, le chirurgien lui a dit que l'opération s'était bien les différentes situations. reste donc à mettre l'accent sur les passée. «La première fois que je me suis fait opérer de la hanche, changements intervenus ces dernières heures.
je me suis senti diminué, se souvient le patient. J'ai eu un coup de blues. Je me sentais vieux. Depuis lors, j'ai constaté qu'on vivait - Madame x a passé une bonne journée. On a refait son très bien avec une prothèse. Je suis donc venu me faire opérer pansement et la plaie cicatrise bien. El e est autonome. en toute confiance pour cette deuxième prothèse. Non, la nuit Mais elle a tendance à vouloir en faire un peu trop. Elle n'est pas pénible pour moi. Il est vrai que je prends beaucoup de risque d'arracher sa perfusion, il faut rester attentif.
calmants contre la douleur, je suis un peu dans les vapes. Alors - Il n'y a pas de changement chez Monsieur y. Toujours je dors beaucoup. Demain, je vais me lever et je commencerai à la même médication. Les examens ont montré qu'il a faire des exercices.» des calculs dans la vésicule. Son hémoglobine est en baisse. Son voisin de chambre, lui, est stressé. L'infirmière commence - beaucoup de patients auront de la peine à s'endormir, ce à discuter avec lui; elle lui propose une tisane. Puis elle lui pose soir. Il fait trop chaud dans les chambres. Mais on a été des questions pour comprendre ce qui l'angoisse. Il y a quelques obligé de fermer les fenêtres à cause du vent.
Les transmissions terminées, les deux veilleurs contrôlent les heures, il a appris le diagnostic de sa maladie. «quand un médicaments préparés par l'équipe de jour. Cette manière de faire patient est inquiet, j'essaie de le ramener au moment présent, permet de limiter au maximum le risque d'erreur. Puis ils passent relève Marielle Chabod, infirmière. Nous parlons de tout. On en auprès de chaque patient. «Pour cette première tournée du soir, je vient souvent à évoquer la mort, sans tabou. Ce n'est pas inné frappe avant de rentrer dans la pièce, relève Didier Tuffal, infirmier. d'oser discuter de sujets aussi graves. En tant que soignants, A minuit et à trois heures du matin, ce sera différent. Je me ferai nous suivons des cours pour être plus à l'aise dans ce genre de le plus discret possible, afin de ne pas perturber leur sommeil. Je conversation. Nous pouvons ainsi être plus aidants pour le patient.» m'éclairerai à la lampe de poche. Mais, si je dois faire un soin ou Finalement, l'infirmière décide de téléphoner au médecin de garde prendre la tension, je ne pourrai pas éviter que la personne se des urgences; c'est lui qui intervient la nuit, si nécessaire. Elle réveil e.» Ils passent ainsi auprès de chacun pour préparer la nuit estime qu'un tranquillisant aiderait sans doute le patient à passer une bonne nuit. «La plupart du temps, les veilleurs appellent le médecin de garde parce qu'un patient n'arrive pas à dormir ou qu'il a des douleurs, explique Carla Janota, infirmière-cheffe d'unité de soins dans le service de chirurgie. Dans ce cas, il arrive que le médecin transmette une prescription par téléphone et qu'il passe chez le patient un peu plus tard. S'il y a une situation d'urgence vitale à l'étage, soit il vient immédiatement, soit il appel e son chef. Ça dépend de la gravité des situations qu'il doit traiter en même temps aux urgences.» La première tournée est terminée. Tout est calme pour l'instant. Les veilleurs se retrouvent dans le bureau. Ils ont d'autres tâches qui les attendent: préparation des médicaments pour la nuit, commande de pharmacie, préparation des dossiers pour les entrées du lendemain. Dans le couloir, les lumières sont tamisées. Au moindre bruit, l'un d'eux se lève pour voir ce qui se passe. Il arrive qu'un patient déambule dans le couloir. Il pourrait être agité ou risquer de chuter. Le silence est aussi entrecoupé du bruit de la sonnette. Un patient appelle; un des soignants se lève pour al er à son chevet.
Puis la nuit se poursuivra, rythmée par une collation pour les soignants, la tournée de trois heures, puis celle de cinq heures. Cette dernière tournée est conséquente. Les médecins et les soignants, qui prennent le relais en début de journée, auront besoin d'un maximum d'informations pour chaque patient. «Nous entrons le plus discrètement possible dans les chambres. Puis nous les réveil ons calmement pour leur prendre la température, la tension et les autres paramètres vitaux. Nous leur donnons leurs médicaments. A 6h30, nous devons accueillir les patients convoqués le matin même pour être opérés. Nous les installons dans leur chambre, nous faisons les prises de sang et les autres contrôles. Ils doivent être prêts pour rentrer au bloc opératoire à 7 heures. «Lorsque le service est plein, toutes les minutes sont comptées, conclut Didier Tuffal. Il faut un petit coup d'adrénaline et d'énergie à la fin de la nuit pour mener à bien ces nombreuses tâches tout en restant vigilant.» DANS UNE UNITé DE MéDECINELa soirée est chargée à l'unité de médecine de soins aigus de La Chaux-de-Fonds. Peu avant vingt heures, un patient est arrivé du bloc opératoire. Les veilleuses doivent assurer une surveillance rapprochée et, en même temps, faire la tournée auprès des autres patients. Elles doivent distribuer les médicaments, faire des soins et tranquilliser les uns et les autres pour qu'ils passent une bonne nuit. S'ils sentent que l'infirmière est stressée, ils ne seront pas en confiance, peineront à dormir et activeront la sonnette.
Comme une partie des patients sont âgés et dépendants, le travail est exigeant. Les deux infirmières ont chacune 12 personnes sous leur responsabilité, avec des pathologies diverses et variées. Elles travaillent de façon indépendante tout en comptant l'une sur l'autre. «Si un patient a des difficultés de mobilisation, remarque ne diminuent pas, el es peuvent appeler le médecin. Dans les Delphine Houg, infirmière-cheffe de l'unité, la veilleuse ne peut situations extrêmes, elles téléphonent au gardien de sécurité qui pas le réinstal er toute seule. El e a besoin de sa col ègue. El es se trouve aux urgences.
vont s'épauler, s'entraider.» Souvent les patients dorment mal. Ils sont anxieux. S'ils se Ce soir, la tournée se fait au ralenti. Les infirmières doivent à tout retrouvent à quatre dans une chambre, ils doivent se supporter les moment interrompre leur activité pour aller voir un patient qui a uns les autres. Entre celui qui ronfle, celui qui écoute la télévision sonné: «On a beau s'organiser, mais rien n'y fait, nous devons sans à fond et celui qui aimerait dormir, des tensions peuvent survenir. arrêt courir au plus pressé, constate Paulette Parisi, infirmière. Si une personne se lève cinq ou six fois durant la nuit pour aller quand ça sonne, nous sommes obligées d'y aller rapidement. S'ils aux toilettes, les autres peuvent être perturbés. Il est déjà arrivé se lèvent seuls, bien des patients se mettent en danger et risquent que les soignants doivent séparer deux personnes et qu'ils doivent de tomber. Il y a diverses raisons à cela: chute de pression, déménager de chambre l'un d'eux durant la nuit. Une situation qui Parkinson, problème d'équilibre, confusion.» reste exceptionnelle, heureusement.
Une patiente vient justement de tomber. El e n'a pas sonné pour Les deux infirmières poursuivent leur tournée. Parfois, elles demander de l'aide et s'est déplacée dans l'obscurité pour ne cherchent à rassurer les patients, d'autres fois elles parlent de pas déranger ses voisines de chambre. El e a glissé et el e est la pluie et du beau temps, d'autres fois encore el es plaisantent. tombée. Heureusement sans gravité. La soignante l'a secourue et «J'aime bien rire avec mes patients, affirme Paulette Parisi. Si l'a aidée. «quand un patient chute, la soignante avertit le médecin je peux être un petit rayon de soleil de temps en temps, je suis assistant de garde qui fera une consultation, et si nécessaire contente. Ça leur fait un peu oublier ce qu'ils sont en train de vivre. prescrira des examens complémentaires, explique Marie-Laure Surtout que certains patients ne sont pas très entourés. L'humour Jacquot, infirmière-cheffe de service. Parallèlement, les deux permet aussi parfois d'ouvrir des discussions. Mais on ne peut pas professionnels remplissent un formulaire de déclaration de le faire avec tout le monde.» chute obligatoire. Ils relatent notamment les circonstances de la chute et l'anamnèse du médecin. Les informations collectées vingt-deux heures. Dans le couloir, les lumières se mettent en permettent au bureau qualité clinique et sécurité des patients mode veille. La pénombre et le calme règnent. Avant de commencer d'avoir une vision globale de la problématique et de proposer des la deuxième tournée, une veilleuse passe dans une chambre mesures d'amélioration. Parmi cel es-ci, les tapis de chute, qui actuellement dévolue aux soins palliatifs. Chez ces patients en fin sonnent quand le patient se lève, ont permis de diminuer le nombre de vie, l'angoisse arrive souvent aussi avec la tombée de la nuit. «Le soir, je me demande si je serai encore là demain matin, confie une patiente. Je sais qu'avec ma maladie, je peux m'attendre à Certains patients sont perturbés par leur hospitalisation. Ils n'ont partir à tout moment. Je me dis que je dois accepter ce qui vient. plus de repères, peuvent devenir anxieux et incohérents. «Il arrive La nuit, les veilleuses passent vers moi pour savoir si tout va que les patients désorientés sonnent à tout moment, se souvient bien; je peux aussi les appeler si nécessaire. Mais je ne veux pas Paulette Parisi. Et quand nous arrivons vers eux, ils disent qu'ils les embêter tout le temps.» Pour les veilleuses, ces situations n'ont pas appelé. Et pourtant le témoin lumineux est allumé engendrent une charge émotionnelle importante, ce qui rajoute à au-dessus de leur lit. Ils ont tout simplement oublié. Dans ces la pénibilité de leur travail.
situations qui se répètent souvent à quelques minutes d'interval e, la patience est mise à rude épreuve.» Il arrive aussi que des La nuit se poursuivra avec des tournées auprès des patients à patients s'agitent, arrachent leur cathéter, déambulent dans les 22 heures, minuit, 2 heures et 5 heures du matin. Avec à chaque couloirs ou encore aient des accès de violence. «Heureusement, fois, des soins à donner et des paramètres vitaux à contrôler. nous sommes deux, poursuit Elsa Faivre, infirmière. Nous nous Comme actuellement les patients sont souvent hospitalisés moins arrangeons entre nous. Nous y al ons chacune à tour de rôle. C'est longtemps, tout est condensé. Le travail est ainsi plus dense pour moins pénible. Cela nous permet de pouvoir respirer.» ces soignantes de la nuit qui ont à cœur d'accompagner tous les Les soignantes ont suivi des formations pour savoir comment patients; ceux qui sont en souffrance et ceux qui sont inquiets, réagir dans ces situations difficiles. El es ont appris des techniques ceux qui seront là quelques nuits et ceux qui resteront plusieurs de communication pour apaiser le patient. Si le stress et l'agitation AUx UrGENCES20 heures. La salle d'attente des urgences de Pourtalès est vide. Seule la télévision laisse défiler les images météo qui prévoient un temps agréable pour cette nuit du samedi au dimanche de la fin juin. L'agent de sécurité vient d'arriver. Il s'est installé à La centrale d'alarme du 144 la réception, prêt à accueillir les patients. S'il y a un souci aux 40 % des entrées aux urgences s'effectuent de urgences ou dans un autre service, par exemple lorsqu'un patient soir et de nuit, alors que les équipes médico- ou un visiteur est agité ou violent, les soignants peuvent l'appeler. soignantes sont restreintes. Les patients se Il se rendra alors sur place et prendra la situation en main.
succèdent avec des problèmes de santé, al ant Derrière la porte coulissante se déploie le cœur des urgences de petits bobos à des urgences vitales. Or, avec les différents box où sont pris en charge les patients. Une l'Hôpital neuchâtelois a un problème de gestion infirmière du service de chirurgie vient chercher une patiente du flux des patients qui n'ont pas besoin d'une qui s'est fracturé le bassin. Juste à côté, médecins et soignants structure hospitalière. Ils viennent le soir, en préparent un patient pour son transfert aux soins intensifs. A part dehors de leurs heures de travail alors qu'ils cela, le calme règne. Un calme inhabituel. «Le week-end, entre pourraient être pris en charge durant la journée 17 heures et une heure du matin, c'est généralement tendu, par les médecins de vil e. La direction médicale explique un infirmier. Hier soir par exemple, c'était une soirée de HNE attendait beaucoup de la révision de la classique. quand nous sommes arrivés pour assurer la nuit, centrale du 144, retardée par un référendum.
les six box étaient pleins, avec plusieurs patients sérieusement touchés dans leur santé. Et, dans la salle d'attente, il y avait quatre Actuellement un appel au 144 est réceptionné personnes qui attendaient depuis deux ou trois heures. Nous avons pris la relève et avons travaillé non-stop jusqu'au milieu l'information au SIS, Service d'incendie et de secours. Le problème, c'est que la police n'a pas de formation médicale pour distinguer les Dans le bureau vitré, le téléphone sonne. Une soignante répond. cas bénins des problèmes plus graves. Un homme appelle pour sa femme qui a mal à la tête depuis trois «Nous mettions beaucoup d'espoir dans le jours. Elle lui pose quelques questions: projet de tri téléphonique, prévu par la révision de la centrale du 144, explique Anne-Françoise - Elle a pris des médicaments? roud, directrice médicale de l'HNE. Animée - Elle les a pris régulièrement depuis qu'elle a vu son par une équipe de professionnels de la santé, médecin traitant? la centrale peut lancer une intervention - Et ça ne change rien? d'urgence ou proposer au patient de se rendre - vous lui avez pris la température? aux urgences. Elle peut aussi identifier des problèmes bénins, donner des conseils La discussion est difficile. L'homme parle mal le français. Dans téléphoniques et proposer des solutions plus ces conditions, l'infirmière a de la peine à évaluer la situation. Elle appropriées. Les expériences menées dans propose de venir en consultation. Ce sera plus facile de cerner le d'autres hôpitaux montrent une diminution problème. «Lorsqu'on ne comprend pas la langue du patient, la de 30 % des entrées aux urgences. Cette nuit, on doit se débrouiller, relève la soignante. Souvent, les gens organisation permettrait donc de réguler la d'autres cultures viennent avec leur famille. Et ce sont les enfants surcharge de travail.» qui assurent la traduction. Durant la journée, c'est plus simple. Nous disposons d'une liste de collaborateurs de la maison qui parlent une langue étrangère. Nous pouvons faire appel à l'un d'eux pour assurer le rôle de traducteur.» Un jeune homme arrive aux urgences avec sa mère. L'agent de emmené aux urgences. L'infirmier organisateur de l'accueil évalue sécurité s'occupe des formalités administratives avec elle tout en la situation. L'homme affirme n'avoir pas consommé d'alcool ni gardant un œil attentif sur la salle d'attente. Un infirmier accueille de médicaments. Le soignant l'emmène juste à côté, au CUP, le patient et lui pose une série de questions qui lui permettent de Centre d'urgences psychiatriques. Sa collègue, une infirmière en cibler le problème et de déterminer le degré d'urgence de la prise psychiatrie, l'accueille pour un entretien et une évaluation.
en charge entre 1 et 4. L'urgence 1 concerne les situations aiguës qui peuvent entraîner la mort, la perte d'un membre ou d'un organe La soirée se poursuit et les patients de succèdent.
si la prise en charge n'est pas immédiate. A l'opposé, l'urgence 4 vers une heure du matin, l'ambulance arrive avec un jeune homme ne nécessite pas de soins d'urgence. Dans ce cas, il n'y a pas de alcoolisé sur un brancard. Il était étendu par terre devant un bar délai pour la consultation médicale.
de Neuchâtel. Arrivés dans un box, les soignants le déplacent Le jeune homme a eu un coup de soleil il y a trois jours. Son dos sur un lit, le retournent, le déshabillent, le calent pour l'empêcher est rouge, mais il n'a pas de cloque. Il ne supporte pas la douleur. de se mettre sur le dos. Aucune réaction. Il ne se réveille pas. Ils Comme il a demandé une consultation, le médecin va l'ausculter. lui soulèvent les paupières, éclairent avec une lampe de poche La soirée est calme, il est pris en charge dans les dix minutes qui pour voir si ses pupilles réagissent. «Etat de conscience: 4 sur suivent. «Si le service avait été chargé, relève l'infirmier, il risquait 15». Un des infirmiers regarde dans les poches du pantalon et d'attendre plusieurs heures, selon la gravité des autres situations. de la veste du patient. Il aimerait connaître l'identité du jeune Nous lui aurions fait comprendre qu'il pourrait revenir durant la homme et son âge. S'il avait moins de seize ans, il devrait être pris journée ou aller chez son médecin traitant.» en charge par les urgences pédiatriques. Pas moyen d'avoir le moindre renseignement, il n'a pas de porte-monnaie. rien qu'un L'ambulance arrive avec une dame qui a eu un accident de smartphone. Le patient sursaute, puis essaie de se mettre sur le moto. El e a percuté un chevreuil et a mal aux genoux. El e est dos. Un des infirmiers l'en empêche, il pourrait avoir de graves emmenée sur un brancard. Les ambulanciers transmettent leurs lésions, s'il avale son vomi.
observations, le médecin arrive et prend en charge immédiatement Les ambulanciers sont choqués. Ils racontent comment s'est la patiente.
déroulée leur intervention. «quand nous prenions en charge le Peu après, la police arrive avec un homme à la réception. Il a jeune homme, il y avait cinq ou six personnes, complètement menacé de se suicider, alors qu'il était chez son amie. Cette agitées autour de nous. Nous étions obligés de les éloigner avec dernière a appelé la police qui est allée le chercher et qui l'a nos bras. quand nous avons mis le patient sur le brancard, ils le tiraient en bas.» Pour le moment, le patient est endormi. Mais comment sera-t-il à son réveil? Lorsqu'ils commencent à reprendre conscience, ces jeunes qui arrivent avec un coma éthylique ne sont pas forcément collaborants. Ils s'agitent, ont tendance à vouloir entrer dans les salles d'à côté et ennuyer les autres patients. Ils injurient les soignants et peuvent même devenir violents physiquement, surtout s'ils ont consommé certaines substances. «Dans ces circonstances, relève l'infirmière, je me sens vraiment démunie. Je me demande à chaque fois ce que je pourrais faire pour les aider et empêcher cette escalade.» «Il arrive qu'on doive les contenir pour leur protection, celle des autres patients et la nôtre, précise un soignant. Nous pouvons aussi demander de l'aide au personnel du centre de psychiatrie. Dans les situations plus graves encore, nous pouvons appeler la police. Il suffit d'une personne agitée pour bloquer tout le service. Nous sommes pourtant quatre infirmiers. Mais si un patient hurle, s'il se contorsionne sur le brancard au point de faire beaucoup de bruit, les autres patients sont désécurisés. On leur explique la situation, ils comprennent, mais la tension reste palpable.» LE SErvICE DE MAINTENANCE EN ALErTE OrDINATEUrS ET TéLéPHONES DE NUIT COMME DE JOUr Sur la plupart des sites, la gestion du bâtiment se fait en grande A l'hôpital, une panne technique, même petite, peut avoir des partie par ordinateur, notamment tout ce qui est lié à la ventilation, conséquences déconcertantes. Imaginez: si une ampoule lâche la climatisation, la température. S'il y a un problème, une alarme dans une chambre et que le patient doit al er aux toilettes dans la se met automatiquement en route. L'agent de piquet peut se pénombre, il risque de chuter. Si la ventilation ne marche pas dans connecter au système sur son ordinateur portable depuis son une sal e d'opération, il n'est simplement plus possible de l'utiliser. domicile. En lien direct avec l'automatisme du bâtiment, il peut Si le système des sonnettes ne fonctionne pas, les patients ne détecter le problème et agir en conséquence. Si la température peuvent plus appeler les soignants. Pour éviter au maximum ce n'est pas adéquate à un endroit particulier, il peut corriger les genre de désagréments, le service de maintenance de l'HNE veille au grain sur les bâtiments et les infrastructures, telles que le Patrick Schreyer, agent de maintenance, assure les piquets chauffage, la ventilation, les instal ations sanitaires et électriques. avec cinq collègues. Il explique: «quand un orage éclate, il y a En cas de problème, ils interviennent de nuit comme de jour, que ce des microcoupures de courant. L'électronique supporte mal ces soit l'équipe nord (La Chaux de Fonds, La Chrysalide, Le Locle) ou ruptures; le système de ventilation s'arrête, parfois il redémarre l'équipe sud (Pourtalès, Landeyeux, La béroche, Couvet).
sans autre, d'autres fois nous devons intervenir.» «Nous voulons éviter au maximum qu'une installation tombe en panne, explique Pierre Geiser, responsable de la maintenance Parfois, c'est le personnel qui alerte l'agent. Les soignants qui pour les sites de Pourtalès, Landeyeux, La béroche et Couvet. font les veilles et l'agent de sécurité appellent pour des problèmes Depuis plusieurs années, nous pratiquons une maintenance aussi divers qu'une panne d'ascenseur, une porte bloquée, préventive plus soutenue qui porte ses fruits. Dans le domaine des téléphones en panne, la barrière du parking bloquée, une de la ventilation, nous avons diminué de moitié les interventions inondation. «Un soir j'ai dû intervenir dans un service où les sonnettes, les alarmes réanimation et les «appels malades» Malgré tout, entre les différents sites, les agents de maintenance ne fonctionnaient pas, se souvient l'agent de maintenance. Le de piquet interviennent 4 à 5 fois par semaine entre 16h30 et système ne permettait plus aux patients en difficulté de faire appel 7h30. Ils sont alertés par les alarmes générées par les systèmes aux veilleuses de nuit. Il ne permettait plus non plus d'appeler une informatiques et par des appels de col aborateurs sur place. équipe de réanimation. C'était un problème urgent, car l'appel malade est un des piliers du fonctionnement de l'hôpital. Il a fal u agir au plus vite.» Récit d'une réadaptation Entre patiente et soignants l'HNE - Val- de -Travers à l'HNE - Val- de - Ruz la confiance s'installe L A NOUVELLE UNITÉ
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et des attentes des
pour une efficacité maximale w w w.h - ne.ch > communication / médias > publications > HNE Mag D'autres situations peuvent sembler plus anodines à première vue. récemment, l'agent qui était de piquet a reçu un appel d'une infirmière. Lorsqu'elle a voulu rentrer dans une chambre, la poignée de la porte lui est restée dans la main. Il a fal u intervenir au milieu de la nuit pour revisser la poignée sur la porte, car des courants d'air gênaient les patients. LES CrITèrES D'INTErvENTIONLa rapidité d'intervention répond à des critères précis. «Notre première priorité est la sécurité et le confort des patients, relève Pierre Geiser. Un exemple: un agent de maintenance se déplace au milieu de la nuit pour changer une ampoule dans les w.c. d'une chambre, mais il attendra le matin pour une ventilation tombée en panne dans un vestiaire. Ce dernier cas n'est pas vital, alors que l'absence de lumière peut avoir de graves conséquences.» SITUATIONS ExCEPTIONNELLESIl arrive parfois que l'agent de piquet doive faire appel à des renforts. «Il y a des situations exceptionnelles, comme celle vécue le 20 juin dernier, précise Pierre Geiser. L'orage a été d'une telle intensité qu'il a provoqué une inondation conséquente sur le site du val-de-ruz. Sur appel téléphonique, nous avons réussi à mobiliser 6 agents de maintenance. Ils ont pompé l'eau, enlevé les grêlons et remis les locaux en état.» Autre situation exceptionnelle qui, cette fois-ci, n'a pas pu être résolue rapidement. Une nuit d'hiver, tout le quartier de la Maladière à Neuchâtel était privé de chauffage. Le fournisseur d'énergie a très vite constaté une fuite, mais n'arrivait pas à savoir d'où elle provenait. Il ne savait pas non plus combien de temps allait durer la panne. «Il s'agissait alors de s'organiser sans attendre le lendemain matin, raconte Patrick Schreyer. L'agent de maintenance a appelé des renforts. Nous avons averti tous les services de l'hôpital. Nous avons ensuite cherché des couvertures, des chauffages d'appoint pour les chambres des patients et les endroits stratégiques.» Heureusement, comme le bâtiment est grand et massif, la baisse de température ne commence qu'après deux ou trois heures. Finalement, la panne a duré douze heures. «Dans ce genre de situation, conclut Pierre Geiser, nous devons organiser une solution provisoire qui permette de corriger le problème et de maintenir la fonctionnalité de l'hôpital à tout point de vue. Il est important que le dysfonctionnement reste au niveau technique, qu'il n'ait pas d'influence sur le patient. Nous devons trouver le geste qui sauve. la situation». Notre journal, votre journalvous aimeriez réagir à un article, vous avez une information qui peut intéresser les lecteurs, vous aimeriez que la rédaction traite d'un sujet particulier. N'hésitez pas à en faire part à Muriel Desaulles à l'adresse suivante: hne.mag@h-ne.ch ou HNE, Direction générale, Chasseral 20, 2300 La Chaux-de-Fonds.
Ce journal parait trois fois par année. Il est à votre disposition dans le hall d'entrée des 7 sites de l'HNE, dans les salles d'attente, dans les cabinets médicaux et sur notre site internet, à l'adresse suivante: http://www.h-ne.ch rECEvOIr HNE mag'. Si vous désirez recevoir HNE mag' personnellement, contactez-nous: HNE, Direction générale, Chasseral 20, 2300 La Chaux-de-Fonds, 032 967 24 08, hne.mag@h-ne.ch Début de soirée à l'Hôpital neuchâtelois. Sur chacun des sept sites, l'atmosphère devient peu à peu plus calme. Les patients se retrouvent seuls, après la visite de leurs proches. A la hotline, il est essentiel de bien écouter et de chercher tous les signes de gravité. S'il y a le moindre doute ou si les parents restent inquiets malgré nos propos, nous les faisons venir sans hésiter. La nuit dernière, ma fille et moi, on ne s'est même pas réveillées quand la veilleuse est venue lui administrer du ventolin. La nuit, après l'accouchement, le couple profite d'être en intimité avec le bébé, puis généralement le papa repart pour se reposer avant de retourner au travail. Cette séparation peut être désécurisante pour la maman, tandis qu'elle doit souvent faire face aux pleurs de son bébé.
A l'hôpital, les personnes âgées ont tendance à se mettre au lit tôt. Or, elles ont besoin de moins d'heures de sommeil. Elles peinent donc à s'endormir, se réveillent très tôt ou restent éveillées de longs moments.
Lorsqu'ils commencent à reprendre conscience, les jeunes qui arrivent avec un coma éthylique sont souvent agités. Ils injurient parfois les soignants et peuvent même devenir violents physiquement. A l'hôpital, une panne technique, même petite, peut avoir des conséquences déconcertantes. Des agents de maintenance de piquet interviennent le soir et la nuit pour la sécurité et le confort des patients.

Source: http://www.h-ne.ch/documents/20182/29298/HNE+Mag+N%C2%B06/cfcf3d77-60c3-4f12-aff6-0766dbb03076

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Udredningsopgave for Fødevarestyrelsen Kostens betydning for læring og adfærd hos børn En gennemgang af den videnskabelige litteratur Institut for Human Ernæring Det Biovidenskabelig Fakultet Københavns Universitet Kostens betydning for læring og adfærd hos børn 1. Forord _ 3 2.

Pii: s0896-6273(02)00899-

Neuron, Vol. 35, 1147–1156, September 12, 2002, Copyright 2002 by Cell Press Human Brain Activity during IllusoryVisual Jitter as Revealed by FunctionalMagnetic Resonance Imaging Yuka Sasaki,1,4 Ikuya Murakami,2 demonstrated to reflect retinal slip due to small eye Patrick Cavanagh,3 and Roger H.B. Tootell1

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